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L’opposition à la IVe République (1946-1958)

La IVe République Politique

Le départ du pouvoir

Faute d’avoir parrainé des candidats gaullistes lors des élections législatives d’octobre 1945, Charles de Gaulle, chef du gouvernement, se retrouve progressivement isolé face à une Assemblée élue jalouse de ses prérogatives, qui lui est de plus en plus ouvertement hostile. Sa démission, le 20 janvier 1946, l’empêche de peser sur les travaux des deux Assemblées constituantes. Hostile aux deux projets constitutionnels (le second, adopté par référendum le 13 octobre 1946, devenant la constitution de la IVe République), De Gaulle définit dans son discours de Bayeux (16 juin 1946) ses vues sur la question : le pouvoir exécutif doit directement relever du chef de l’Etat, auquel la constitution de la IVe ne laisse qu’un rôle mineur. Le gaullisme d’opposition est donc une lutte contre le Régime même de la IVe République, que De Gaulle considère comme un cadre inapproprié pour agir et régler des problèmes aussi dramatiques que la décolonisation. Pour les partisans du Général, la révision constitutionnelle devient un préalable indispensable à toute action politique d’envergure.

Le « gaullisme d’opposition »

Honni par une classe politique qui considère majoritairement que son heure est passée, De Gaulle décide d’agir en montant autour de lui une formation politique, le Rassemblement du Peuple français, le 14 avril 1947. Il s’agit alors de rassembler autour de sa personne les partisans d’une révision de la constitution, prélude pour les gaullistes à un renouveau du pays. Le RPF se caractérise également par sa défense sourcilleuse de la souveraineté française, notamment en luttant contre le projet de Communauté européenne de défense (CED) au nom de l’indépendance de l’armée française.

Cependant, en dépit d’importants succès électoraux initiaux (municipales de 1947, sénatoriales de 1948), le RPF est victime, lors des élections de 1951, de la loi des apparentements, qui permet aux partis de gouvernement d’additionner leurs voix pour récupérer la totalité des sièges de députés dans les départements. Condamné à cinq nouvelles années d’opposition, le RPF se délite, et De Gaulle décide de la mettre en sommeil en 1953, ne conservant autour de lui qu’une garde rapprochée (Jacques Foccart, Olivier Guichard, Pierre Lefranc), tandis que les anciens chefs du RPF (Jacques Chaban-Delmas ou Roger Frey) poursuivent leur action dans le cadre de la IVe République. Il faudra la crise algérienne de mai 1958 pour que les chefs des principaux partis de la IVe République décident de faire appel au général de Gaulle après avoir longtemps cherché à le marginaliser.