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La place de la France dans le monde (1944-1969)

Toutes périodes Politique étrangère

Assurer l’indépendance du pays

En mentionnant cette « certaine idée de la France » qu’il s’est toujours faite, le général de Gaulle définit deux priorités : d’une part, la France doit être indépendante d’influences extérieures, et garder quoiqu’il arrive sa liberté de manœuvre en matière de politique étrangère, d’autre part, la France a vocation à mener une politique étrangère d’envergure mondiale. En se rendant à Moscou dès le mois de décembre 1944 pour conclure un traité d’amitié franco-russe destiné à garantir le pays d’une éventuelle revanche allemande, De Gaulle démontre son refus de voir la France entrer dans l’orbite américaine. Au contraire, dès son départ du pouvoir, en janvier 1946, le Général n’aura de cesse de dénoncer l’atlantisme prononce de la politique étrangère de la IVe, tout en combattant également l’influence russe s’exprimant à travers la propagande du PCF.

Par ailleurs, le Général reste modérément décolonisateur avant 1958, défendant l’idée alors très majoritairement répandue que l’Empire est l’un des atouts maitres permettant à la France de se maintenir au rang de grande puissance. Hostile au projet de CED, le Général lie la puissance militaire de la France à sa capacité à déployer une politique étrangère autonome.

Redonner à la France un rôle mondial

C’est avec son retour au pouvoir, en 1958, que le Général va déployer sa vision de la place qui doit revenir à la France dans le monde. Après avoir marqué ses distances avec les USA (sortie du commandement intégré de l’OTAN en 1966) sans pour autant rompre avec le camp atlantique, le Général déploie tout d’abord une politique en direction des pays de l’Est qui place la France en position de charnière : ses visites dans le bloc de l’Est (URSS en 1966, Pologne en 1967, Roumanie en 1968), sa reconnaissance de la République populaire de Chine en 1964, en font un interlocuteur des Grands de ce monde. Par ailleurs, son rôle dans la décolonisation autorise De Gaulle à lancer une ambitieuse politique en direction des pays émergents, qu’il s’agisse de maintenir des relations étroites avec les anciennes colonies d’Afrique subsaharienne (on parle alors de Françafrique) ou de la politique en direction des pays arabes, développée après le Guerre des Six-Jours de 1967. Enfin, le Général considère que ce rôle mondial de la France doit être renforcé par la mise en place d’une Europe des nations, dominée par le couple franco-allemand : c’est dans ce but que le Général prend l’initiative qui conduit au traité de l’Elysée du 22 janvier 1963.

On remarquera à ce sujet que bien des initiatives du général de Gaulle bousculent les règles du jeu de la Guerre Froide et sont sources d’inspiration pour d’autres pays. Le premier référendum sur l’indépendance du Québec intervient en 1980, treize ans après le célèbre discours de Montréal (« Vive le Québec libre ! »), tandis que les visites du Général dans le bloc de l’Est pavent le chemin de l’Ostpolitik menée dans les années suivantes par le chancelier ouest-allemand Willy Brandt.