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La crise de 1958 et le retour au pouvoir

La Ve République Politique

L’impasse de la Guerre d’Algérie

Après avoir conduit à l’autonomie puis à l’indépendance la Tunisie et le Maroc, les gouvernements de la IVe République s’avèrent incapables de trouver une quelconque solution à la question algérienne. A compter de l’insurrection de la Toussaint 1954, les partisans de la négociation avec le FLN et ceux d’une politique de force se succèdent au gouvernement sans pouvoir imposer durablement leurs vues. Le gouvernement de Front Républicain dirigé par le socialiste Guy Mollet, élu en 1956 sur un programme de dialogue en Algérie, mène ainsi une politique de force qui amène la démission de son ministre d’Etat, Pierre Mendès France. De même, la loi cadre de Maurice Bourgès-Maunoury s’avère inopérante, la majorité gouvernementale abritant des forces politiques aux vues opposées sur l’Algérie, souvent divisées elles-mêmes sur la question.

Le 13 mai 1958, les militaires d’Alger se révoltent et fondent un Comité de Salut public présidé par le général Massu, réclamant un pouvoir politique fort et capable de les soutenir fermement dans la guerre contre les indépendantistes algériens. Seul le général de Gaulle, en retrait de la vie publique depuis la mise en sommeil du RPF en 1953, semble disposer de la légitimité suffisante pour faire face à la situation, et Massu fait appel à lui dès le 14 mai, tandis que des rumeurs de débarquement militaire en métropole se diffusent.

Le général de Gaulle, seul en mesure de sauver le régime républicain ?

Dès le lendemain, le 15 mai, le Général se déclare « prêt à assumer les pouvoirs de la République », avant de développer son propos dans une conférence de presse le 19 mai, rassurant sur sa volonté évidente de maintenir la République souveraine (« Croit-on qu’à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? »). Cependant, il se refuse à désavouer officiellement le coup d’Etat militaire, ce qui le priverait de toute capacité à peser sur les événements. Le 27 mai, De Gaulle annonce avoir « entamé le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain capable d’assurer l’unité et l’indépendance du pays ». Deux jours plus tard, avec l’accord des chefs des principaux partis politiques, Guy Mollet ou Antoine Pinay, le Président René Coty fait appel au Général pour former ce qui sera le dernier gouvernement de la IVe République : afin de pouvoir s’investir efficacement dans le règlement de la crise algérienne (dès le 4 juin, le Général est à Alger, où il lance à la foule le célèbre « Je vous ai compris »), le Général a obtenu la possibilité de rédiger une nouvelle constitution pour le pays, plus conforme à ses vues.

La Ve République naît donc de cette crise, ce qui amènera certains hommes politiques, comme Pierre Mendès France, à s’opposer au nouveau régime lors du référendum de septembre. Mais elle naît également de l’incapacité de la IVe République à dégager des majorités de gouvernements solides et durables, capables de traiter des problèmes aussi dramatiques que la crise algérienne.